Votre humeur et votre forme au moment précis de l’épreuve ; la corrélation entre les chapitres du programme que vous maîtrisez bien et ceux qui sont traités dans un concours ou une épreuve particulière ; le hasard qui fait que certaines questions d’un sujet sont très similaires à un exercice que vous avez justement traité deux jours avant… il existe beaucoup de facteurs qui peuvent introduire une part de hasard dans votre performance aux concours.
Quelle est, justement, cette part de hasard par rapport à la part de travail et de maîtrise des connaissances, qui ont absorbé presque toute votre énergie pendant les deux ou trois années passées ?
Puisque les résultats d’admissibilité de 2010 sont encore tout frais, faisons une petite expérience. Prenons la section PC (préférence personnelle, c’est la section dont je suis issu), et considérons les résultats d’admissibilité de deux des concours les plus prestigieux : les École normales supérieures (ENS) et Polytechnique (X).
Cette année (2010), en section PC, il y a eu 85 admissibles aux ENS et 278 à l’X. Question : quel pourcentage de ceux qui sont admissibles aux ENS sont également admissibles à l’X ? S’agissant de deux concours différents, d’épreuves traitant de sujets très divers, de moments distincts dans le marathon des écrits, on est en droit de s’attendre à une intersection pas si étendue que cela si cette part de hasard que nous tentons de quantifier est notable. (Si, pour fixer les idées, nous partons de 7000 élèves inscrits en filière PC, nous laissons au lecteur le soin de calculer quel pourcentage d’un ensemble A de 85 pris parmi 7000 appartient également à un ensemble B de 278 élèves pris parmi les mêmes 7000, en supposant que les éléments de A et de B sont choisis aléatoirement.)
Cette feuille de calcul montre les données exactes et les noms des admissibles.
Résultat : exactement 80% des admissibles aux ENS sont également admissibles à l’X.
En clair, si je peux me permettre une audacieuse généralisation de ce résultat très local : la plupart des très bons candidats le sont dans tous les concours, et il semble bien que la part du hasard ne soit pas si grande que cela. Pas de secret, le travail paye.